samedi 13 janvier 2007

"Je me sens bien"

C'est ce que je me suis dis il y a un peu plus d'une heure, alors que, pelotonnée dans un des fauteuils du salon, je bouquinais. Et cette pensée était plutôt réconfortante.
Pour que vous puissiez comprendre mon état d'esprit, je dois revenir un peu en arrière, jusqu'à vendredi soir. Je ne sais pas quel sentiment vous avez eu concernant mon état d'esprit durant cette première semaine en Angleterre mais je ne pense pas être apparue particulièrement effrayée par la nouvelle vie qui s'offrait à moi. Et en fait je ne l'étais pas. Je crois que , toute à l'excitation du départ, de la découverte d'un nouvel environnement, d'un nouveau travail, je ne réalisais pas vraiment dans quoi je mettais engagée.
Et tout à coup, vendredi soir, après être rentrée du boulot, j'ai réalisé. Je dois dire qu'à ce moment, je me sentais vraiment mal, seule, perdue. Bien que consciente que je ne reviendrais jamais sur ma décision de faire ce post-doc en Angleterre, je me posais la question de l'utilité de cette démarche. Est-ce que je ne m'engageais pas dans une période de ma vie qui serait plus douloureuse qu'heureuse, loin de ma famille et de mes amis et, pour le moment tout au moins, loin de Samuel? Je n'ai toujours pas la réponse à cette question mais je sais maintenant que je ne suis pas si seule que ça à Leamington.
Je vous ai assez peu parlé de Paul, chez qui je loge. Il a la quarantaine, divorcé depuis 1 an, il loue une chambre dans sa maison car autrement il faudrait qu'il déménage. Depuis que je suis arrivée, il s'est toujours montré très gentil avec moi, parfois même un peu papa-poule (ce n'est pas tout le monde qui m'aurait accompagnée jusqu'à la réception de mon nouveau travail le premier jour). Malgré sa gentillesse et tous les efforts qu'il a pu faire pour me mettre à l'aise toute cette semaine, je suis toujours restée "sur la défensive". Il n'est pas toujours facile de savoir comment se comporter quand on débarque comme ça dans la maison de quelqu'un qu'on ne connaît pas. Nos échanges étaient souvent de courte durée, me contentant en général de répondre assez brièvement aux questions qu'il me posait pour essayer d'alimenter la conversion. Ceux qui me connaissent un peu savent que je ne suis pas d'un naturel bavard et l'anglais ne facilite pas les choses.
Ce matin, descendant dans la cuisine et alors que je ne sentais toujours pas très bien au sujet de ma nouvelle vie, il se trouvait là, souriant, me demandant mon programme pour la journée. Comme je ne voulais pas rester seule dans la maison à ressasser mes idées noires, je lui ai dit que je comptais me rendre à Leamington pour faire les boutiques. Il m'a alors proposé de me déposer avant qu'il n'aille chercher sa fille et de revenir me chercher vers midi. Comme celà, je n'aurais pas chercher à me garer. Il m'a aussi proposé de m'emmener dans l'après-midi jusqu'au château de Warwick, pour que je connaisse la route et que je puisse y emmener Sam quand il viendra le week-end prochain. Toujours aussi gentil.
C'est à peu près a ce moment là, mais aussi durant ma balade dans les rue de Leamington, que j'ai réalisé que si je ne voulais pas me sentir trop seule et perdue dans ma nouvelle vie, je devais me faire des amis. Et que pour le moment, mon seul ami à Leamington était Paul. Ce constat fait, je me suis sentie plus libre d'agir "comme moi-même" en présence de Paul.
Je pense que nous avons passé une plutôt bonne soirée tous les deux, nous avons échangé. Et après mon repas, alors que je bouquinais, pelotonnée dans un des fauteuils du salon, j'ai eu cette pensée: "je me sens bien".
Tout ce bavardage pour vous dire que, bien que je ne puisse pas être tout à fait heureuse de ma nouvelle vie (Sam me manque trop et, bien entendu, je me sens loin de ma famille), je sais que je pourrais attendre Sam sans me sentir trop seule puisque je partage une maison agréable avec une personne agréable.

c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas

Vers la fin Novembre, je suis allée passer une petite semaine chez Claire, une copine chercheuse qui habite York. Alors que nous discutions recherche de post-doc et chômage, je me souviens qu'elle m'a dit un truc du genre:
- "Après 2 mois sans bosser, tu auras tout oublié."
Et moi de lui répondre, confiante:
-"Mais non, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas."
Je pense que je n'avais pas tort car je dois dire que les gestes reviennent naturellement. En revanche, j'ai quitté Paris en laissant tous mes protocoles dans mon ancien labo et nom d'une pipe qu'est-ce qu'ils me manquent!En effet, il y a dans le travail au labo des petites manips presque quotidiennes (un gel d'électrophorèse, par exemple) et pour lesquels on n'a très vite plus besoin de protocole. Mais après 2 mois d'inactivité ( et pour être très précise presque 9 mois loin de la paillasse, si je compte la rédaction de la thèse), je dois avouée que je me suis trouvée un peu couillonne quand il m'a fallu préparer mon gel (d'électrophorèse toujours) hier. Mais bon, après avoir chercher un protocole sur le net, j'ai pu faire mon gel et confirmer que ma manip de la veille avait fonctionné.
Tout ça pour vous dire que ça fait du bien de reprendre le boulot; que je me rends compte que, vraiment, j'aime ce que je fais. Pour vous dire aussi que la reprise se passe plutôt bien malgré quelques cafouillages qui devraient bientôt être remplacés par de vraies bêtises comme moi seule en ai le secret (Oups! j'ai oublié un tube là! bon, trois jours de manips pour rien...)!


P.S. : Pour les petits curieux qui voudraient savoir en quoi consiste la réalisation d'un gel d'électrophorèse:
http://www.ac-versailles.fr/etabliss/lyc-lecorbusier-poissy/svt/electrophorese/elec.htm

mercredi 10 janvier 2007

on est obligé de mettre un titre? j'ai pas d'idée là.

Désolé pour ce titre idiot. Passons.
Jute pour vous raconter un peu le boulot. Je trouve tout le monde très sympa et très serviable. Visiblement, ils ont l'habitude de recevoir des étrangers ce qui fait que même moi qui parle peu et pas bien j'arrive à obtenir facilement ce que je veux.
Sinon, ces deux premiers jours, j'ai cru que Peter (mon chef) parlait beaucoup parce que moi je parlais peu et qu'il avait beaucoup de choses à m'expliquer mais aujourd'hui j'ai compris qu'en fait il est bavard! Ca m'arrange parce que moi je parle toujours aussi peu (surtout en anglais).
Je n'ai pas encore beaucoup socialisé avec les autres personnes du labo mais je pense que ça viendra quand je commencerais le travail à la paillasse. Ce qui ne saurait tarder car aujourd'hui j'ai obtenu mon petit coin de paillasse à moi, ma blouse, mon jeu de pipettes. Et je sais quelle est la première manip que je dois faire. Il ne me manque plus qu'un élément essentiel: le timer. Mais là ça va être plus chiant car je dois le commander à l'exterieur. Quelle vie exitante n'est ce pas?

mardi 9 janvier 2007

Rouler à gauche

Aujourd'hui je voudrais revenir sur ce que j'ai dis précédemment sur le fait de rouler à gauche. C'est super difficile!!!!
En effet, quand il fait jour et pas trop moche ça va. Mais de nuit, sous la pluie sur une petite route de campagne avec d'énormes flaques d'eau sur le coté, ça va pas du tout. En plus, il y a un truc amusant la nuit, c'est que l'on voit les phares avant les voitures et surtout que j'estime beaucoup moins bien les distances.
Du coup, toutes les voitures qui venaient face à moi, j'avais l'impression qu'elles me foncaient dessus. C'était horrible!
Je crois que j'ai jamais eu aussi per pendant un trajet en voiture.

Juste histoire de vous rassurer, je roulais à 50 kmh-1 et j'ai été très prudente donc il n'y avait pas vraiment de risque. Haut les coeurs, il paraît que demain il fait beau. :)

lundi 8 janvier 2007

1er jour

Ma voilà de retour de mon premier jour au travail. Je dis "premier jour au travail" et pas "premier jour de travail" car je n'ai pas exactement travaillé aujourd'hui. J'ai pris contact avec le site, les personnes avec qui je vais travailler (c'est à dire Peter, le chef d'équipe et Oktavia, une thésarde arrivée depuis 3 mois).
A mon arrivée au centre de recherche, je suis prise en main par une personne des ressources humaines qui me sort un dossier de 3 cm d'épaisseur contenant tout ce que je dois savoir sur le centre. Les règles d'hygiène et sécurité, la cotisation à la pension de retraire, les réductions chez les assureurs, l'accès au cours de l'université, les activités de sport et loisirs, et j'en passe.
Ensuite, je vais rencontrer Peter, mon nouveau chef, qui me fait faire le tour de l'étage où nous sommes en m'expliquant comment fonctionne l'accès au photocopieur, fax, comment passer des commandes... Bref, que des trucs dont je ne me souviendrai plus quand j'en aurais besoin.
Tout les lundis, 2 chefs de groupe du centre de recherche doivent faire un exposé sur leur recherches. Et cette semaine, Peter faisait un speech, ce qui m'a permis de me remettre dans le bain de mon sujet de recherche et de voir un peu ce qu'il y a à faire. C'est à peu près le seul moment de la journée où je me suis amusée!
Après une pause sandwich, et oui, les anglais ne mange que très peu le midi. On tente de me trouver un bureau mais pour le moment on ne m'a trouvé qu'un endroit provisoire, donc je suis Sans Bureau Fixe pour cette semaine. Vers 15 h, j'ai quitté le travail pour aller à la banque ouvrir un compte, histoire de pouvoir être payée à la fin du mois. Je suis tombée sur un banquier comme j'en ai rarement vu. Il parlait sans discontinuer ce qui rendait très difficile le fait de tenter de réfléchir aux produits bancaires que j'achetais. Au final, je suis sortie après une bonne heure dans son bureau sans très bien savoir ce que je peux faire, ne pas faire et encore moins combien je paye pour y avoir accès. Mais bon je vais essayé de tirer ça au clair ce soir.
Bilan, il est 18h, je suis exténuée et il faut encore que j'aille faire des courses.

samedi 6 janvier 2007

Le voyage


Le grand jour est arrivé. Nous sommes le vendredi 5 janvier (Bon anniversaire Alex!!) et je prends la route pour l'Angleterre.
La Twingo est chargée à bloc (enfin presque). Pour l'occasion, mon compagnon de route est Copain. C'est lui qui lit les cartes et s'occupe de la musique.
Départ de Paris vers 8h30, direction Calais et l'embarquement sur le ferry. N'ayant pas l'esprit d'aventure et encore moins l'envie de rater le ferry, je prends l'autoroute. Le voyage se déroule sans embûche mise à part 20 km sur la réserve. Ouf! enfin une station!

J'arrive à Calais à 12h, l'embarquement est dans un peu plus d'une heure, j'ai donc le temps de manger un casse-croûte et d'appeler Papa et Maman (qui semblent d'ailleurs plus anxieux que moi).
En attendant le ferry, le temps se dégrade: vent fort et pluie. Ça ne pressage rien de bon pour ce que je vais trouver de l'autre coté de la Manche!






Après 1h15 de traversée, me voilà rendue chez ces fous buveurs de bière.
Devinez ce que je me suis répété 40 fois pendant le débarquement?
"Tu roules à gauche, on te double par la droite. Tu roules à gauche, on te double par la droite..."
Les premières 30 minutes m'ont demandé beaucoup de concentration, d'autant plus que le brouillard ("the fog") était de la partie.



Finalement, c'était moins difficile que ce que je craignais. J'ai suivi les voitures et une fois sur le "motorway" (autoroute), il suffisait de se caler à gauche et de rouler bien pépère. Presque 4 h plus tard (normalement ça aurait plutôt été 3h30 mais je roulais plutôt pas vite) me voilà arrivée à destination: 17 Offchurch Lane, Radford Semele. Je me suis un peu perdue en sortant de l'autoroute mais pas trop...
Il fait nuit et je fait 3 fois la rue avant de repérer le numéro 17 mais finalement je me gare et je suis très gentiment accueillie par Paul, mon colocataire. Il me fait visiter la maison, m'aide à descendre mes bagages et me prépare un bon repas. Après avoir déballer mes affaires (finalement je n'en ai pas tant que ça, c'était vite fait) et après avoir dîner avec Paul, je vais me coucher. Il est 21h heure locale, 22h en France, je suis épuisée.

Petite mise à jour

Bon je voulais vous raconter un peu mes entretiens pour un post-doc, mais j'ai manqué de courage. Tant pis. On saute une étape et, pour faire court, j'ai eu 4 entretiens: 1 en Norvège à Bergen et 3 en Angleterre à Warwick, Durham et Exeter.
C'est l'entretien de Warwick qui s'est le plus mal passé. J'ai très mal expliqué mon sujet de thèse, j'ai dû revenir plusieurs fois sur les techniques que j'avais utilisé pour qu'ils comprennent bien ce que j'avais fait en thèse, etc... Bref, je n'étais vraiment pas contente de moi en sortant de là et bien sur, c'est pour ce job que j'ai été retenue!
Donc me voilà en décembre à préparer mon départ pour l'Angleterre.
Et maintenant, l'aventure commence vraiment!